D'une part, étudions la façon dont Voltaire choisit de présenter son personnage principal et le décor dans lequel il le fait évoluer. Candide, au centre du "meilleur des mondes" n'est pas le meilleur des héros, il est en effet, un enfant illégitime. Sa mère, la sœur du baron de Thunder-Ten-Tronckh, ne maria jamais son père, simple gentilhomme sans titre de noblesse "que cette demoiselle ne voulut jamais épouser parce qu'il n'avait pu prouver que soixante et onze quartiers, et que le reste de son arbre généalogique avait été perdu par l'injure du temps" (l.9 à 12). Ce défaut que l'auteur attribue à Candide dés le début de son récit traduit une volonté d'offrir au lecteur une histoire dont la perfection n'est qu'apparente. De plus, la description du château se base sur une déduction absurde : "Monsieur le baron était un des plus puissants seigneurs de la Vestphalie, car son château avait une porte et des fenêtres"(l.13 à 15) qui n'affecte aucune connotation méliorative à la puissance du seigneur mais souligne la médiocrité de l'idée d'un "idéal". De surcroît, la très brève présentation des protagonistes ne fait qu'évoquer les travers de ceux-ci : une baronne, respectée par son surpoids, et qui n'est finalement pas douée d'une grande intelligence puisqu'elle se contente de faire "les honneurs de la maison avec dignité" (l.23); un baron dont le pouvoir n'est garanti que par sa richesse et par l'hypocrisie de ses sujets : "Ils l'appelaient tous Monseigneur, et il riaient quand il faisait des contes" (l.19 à 20); et, leur fils, "digne de son père" c'est à dire tout autant défectueux. Voltaire ici dénonce également l'aristocratie de l'époque dont il est le contemporain. De même, il est possible de remarquer l'infériorité de Candide par rapport aux autres habitants du château et à quel point leur considération pour lui est éphémère, instable : il est rapidement rétabli à une place bien moins noble, celle d'un vagabond "Monsieur le baron [...] chassa Candide du château à grands coups de pied dans le derrière" (l.83 à 86). Terminons en disant que chaque exemple évoqué converge vers la même idée : celle que "le meilleur des mondes" n'est que factice.
D'autre part, cette liste des imperfections de l'univers du héros a pour Voltaire une portée critique. En effet, il met en évidence les failles pour mieux faire la satire de la philosophie optimiste. La présence de Pangloss dans le récit vient valider cette affirmation; il est une caricature de Leibniz philosophe allemand, qui défend l'optimisme et auquel Voltaire s'oppose. C'est ainsi que le nom de Pangloss qui se traduit du grec par <
